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Saint Vincent de Paul : mystique de la charité et de la mission

Par: Vinícius Augusto Teixeira, CM

Province of Rio de Janeiro (Brazil)

Le 2 juillet, (durant la XLIIème Assemblée Générale de la Congrégation de la Mission), le père Tomaž Mavrič, dans sa première homélie, nous a invitait à redécouvrir et développer la dimension mystique de notre charisme….ainsi que l’inspiration de Saint Vincent mystique de la charité. Cette invitation a été reprise dans la première circulaire du Père (du 19 septembre 2016), publiée à l’occasion de la fête de notre fondateur. Dans cette lettre, il demandait à chacun de nous de répondre à la question : pourquoi et comment puis-je décrire st Vincent mystique de la Charité. Nous savons que certains reconnus en spiritualité et histoire vincentienne l’ont fait avec précision. Cela apparaissait clairement dans la circulaire du Père Général qui partageait les lumières de trois missionnaires sur le sujet : le Père H. O’Donnell, R. Maloney et T. McKenna.

Il était en même temps reconnaissant des écrits et des travaux de L. Abelly, H. Brémond, A. Dodin et J.M. Ibáñez. Pour compléter la liste (qui demeurent dans la paix) nous pourrions compléter par de nombreux autres: A. Orcajo, G. Toscani, L. Mezzadri, J.P. Renouard, G. Grossi, etc. nous remercions ces experts pour leurs éclairages….nous leur sommes redevables avec pertinence et passion ils ont sondé le cœur de St Vincent et nous ont donné les intuitions de cette mystique, des intuitions qui sont capables de désaltérer notre soif, capables d’animer notre recherche de Dieu et de rendre notre charité et notre mission avec les pauvres fructueuses.

Quelques soit le sens et la pertinence qu’offrent ces contributions d’illustres historiens, la question de la mystique vincentienne demeure et la tâche de la recréer n’a en rien perdu de son urgence. La célébration du 400ème anniversaire de la mise en œuvre du charisme (2017) devrait être vue comme le temps opportun pour se poser de nouveau la question et reprendre la tâche…créant ainsi l’occasion pour la revitalisation spirituelle et apostolique de toute la famille qui est nourrie de cette mystique vincentienne. En fait, cette mystique enflamme le charisme reçu et transmis par Vincent de Paul, rendant dynamique, attractif ainsi qu’apte à un renouveau de foi et audacieux. Cette dynamique apparait dans diverses situations et contextes dans lesquels, membres de la Famille Vincentienne, nous sont interpellés par le cri des pauvres, les appels de l’Eglise et les signes des temps. Sans une mystique renouvelée nourrie par une profonde image de Dieu, la charisme vincentien et la mission qui en découlent perdront leur fondement, leur vitalité et leur dimension prophétique….cela ressemblerait à une maison édifiée sur du terrain mouvant, sur du sable.

  • Mystiques : un mystère de grâce et de liberté

Dans quel sens pouvons-nous regarder quelqu’un comme mystique ? Il y a de multiples réponses à cette question. Personne ne dénie le fait qu’il y a quelques caractéristiques qui définissent une personne comme mystique ou comme une personne avec une profonde vie intérieure, un individu aux convictions fortes, éclairé par un grand idéal et guidé par une juste conscience….tout ceci exprimé dans une personne équilibrée, une pratique cohérente et constante et une exigence morale. D’un point de vue chrétien, tous les mystiques sont caractérisés par leur conscience des mystères de Dieu, leur identification passionnée avec Jésus-Christ et leur docilité aux mouvements de l’Esprit. De ce point de vue, les mystiques sont ces personnes qui reconnaissent qu’elles ont été portées et enveloppées par un incroyable Amour envers lequel elles se sont engagées. En même temps, cet amour clarifie leur compréhension, mobilise leur volonté et engage leur liberté. Cet Amour ne peut être confondu avec quelques forces cosmiques, sentiment fugace ou quelques concept abstrait. L’Amour personnel est Dieu (cf. 1 Jn 4:8, 16) qui s’offre lui-même aux autres comme don et source d’une vraie rencontre, qui donne à l’être humain avec une grâce débordante une joie inexprimable en faisant l‘expérience, en accueillant et en déclamant ce don…sans l’épuiser. L’expérience de Dieu, l’accueil de l’amour de Dieu et la connaissance du mystère de Dieu se déploient dans la suite de Jésus-Christ et par la réception des dons de l’Esprit-Saint. Le mysticisme chrétien n’est pas simplement une réalité intérieure ou une sorte d’émotion…ni n’exige des phénomènes surnaturels pour que l’on vérifie sn authenticité ou son efficacité. La profondeur de la mystique se révèle par a façon dans laquelle il ou elle pratique les vertus théologales : la foi confiante, une espérance dynamique et un amour entièrement consacré. En d’autres mots, si le don de l’expérience mystique résonne en a profondeur de leur être, elle produit offre cependant aux autres les fruits de leur expérience et ils le font dans leur vie quotidienne, dans leurs relations ordinaires, leur comportement moral, la simplicité de leurs mots, leur engagement généreux, dans leur témoignage convaincant et leur conviction sur a vérité. Le mysticisme est donc mystère de grâce et de liberté, le mystère du don et de l’engagement, un don offert et accueilli…un don dans lequel l’initiative de Dieu est unie à la personne qui s’abandonne elle-même à Dieu qui répand ses dons sur elle.

  • Vincent de Paul: un vrai mystique

 

Si nous réfléchissons sur la vie de Vincent, nous avons l’esquisse d’un mysticisme pluri-forme qui s’ancrait dans l’expérience profonde de Dieu et dans l‘incarnation de l’esprit de Jésus-Christ…qui ont été nourris par un processus progressif et une conversion éprouvée par une fidélité inébranlable au service des pauvres. Vincent marchait dans les pas de Dieu parce que Dieu le premier avait mis les siens dans la vie de Vincent, éclairé sa voie, animé les étapes de Vincent, corrigé ses détours, désigné de nouvelles directions, transformant cet homme ambitieux et hyperactif en un instrument de son immense et paternelle charité, qu’il essaya d’établir et de répandre dans les âmes[1]. La compréhension intérieure de ce mystère a orienté la mystique de Vincent de Paul et a formé en lui un cœur rendu capable d’être touché par la misère qui l’entourait et de discerner les appels de la Providence dans chaque rencontre et de relever les défis que la que lui présentait. C’est ce qui est survenu, par exemple, à Gannes-Chatillon (en janvier 1617) lorsqu’il a rencontré le pauvre homme mourant qui désirait la paix…une paix que seul le pardon de Dieu peut répandre sur lui.   Cette rencontre a rendu Vincent conscient de l’abandon de peuple des champs. La foi a rendu capable Vincent de percevoir l’appel à engager sa vie dans la mission d’évangéliser les pauvres…réunissant autour de lui d’autres prêtres qui seraient concernés par la même situation. A Chatillon-les-Dombes (en août 1617) Vincent a découvert un autre aspect de la privation humaine en rencontrant une famille rendu dépendante par la maladie et l’incapacité à satisfaire leurs besoins fondamentaux pour survivre. Interpelé par cette situation et bouleversé par la générosité spontanée de tant de monde, le cœur de Vincent a entendu l’appel à une sorte de service de charité compatissante et organisée. Nous pouvons aussi mentionner maintenant la rencontre de Vincent avec le zélé évêque de Beauvais (en 1628) et l’interpellation pour faire quelque chose pour remédier à la situation d’immoralité et d’ignorance dans laquelle se trouvait nombre de clercs. Cette rencontre a engagé Vincent sur des voies inconnues qui le conduiront à mener a réforme du clergé (une réforme qui se fera rapidement sentir). Par une lecture contemplative de évènements, en réponses aux appels des situations rencontrées…dans tout cela nous pouvons découvrir l’immense foi de Vincent de Paul et nous découvrons aussi l’exubérance de son mysticisme.

Il n’y a aucun doute que dans la personne de Vincent de Paul, nous rencontrons un mystique authentique, un maitre spirituel compétent, un contemplatif dans l‘action et dans la prière, un qui était capable de reconnaitre et d’affirmer le mouvement de la Providence divine dans sa vie et dans l’histoire. Aussi, comme le suggère la tradition thomiste, Vincent a communiqué aux autres ce qu’il contemplait (contemplate allis trader). L’activité de charité de cet homme qui était capable de mettre au second plan ses propres besoins et qui s’engageait lui-même aux services des autres a donné une dynamique à sa relation avec Dieu. Le zèle apostolique de Vincent jaillissait de sa vie et était soutenu rendu et rendu fructueux par l’Esprit (tel une plante qui produit du fruit parce qu’elle a de solides racines). Tout ce qu’a fait Vincent a été un rayon de soleil qui nous a donné a lumière des profondeurs de son intériorité. La relation de Vincent avec Dieu, une relation qui fondait ses convictions, son engagement et son intégrité sont devenues la source de ses activités concrètes, son audacieuse charité et son zèle missionnaire. Son mysticisme, un mysticisme aux yeux ouverts, a fait naitre la force de sa prophétie. Dans le silence de la prière, Vincent a peaufiné son art de former et transformer. Nous citons ici les mots du Pape François qui nous rappelait que sans la prière toutes nos activités risquent de ne plus porter de fruit et notre message de se vider. Jésus veut des évangélisateurs qui proclament la Bonne Nouvelle ni seulement en paroles, mais par-dessus tout par une vie transfigurée par la présence de Dieu (Evangelii Gaudium, #259).

Transfiguré par la présence de Dieu, la vie de Vincent de Paul est devenue un reflet de la compassion active de Jésus envers les pauvres. C’est dans les pauvres que Vincent a été capable de contempler et a fait l’expérience de l’image de son Seigneur et son Maitre. Ce sont aussi les pauvres qui ont touchés la conscience et le cœur de Vincent qui se sont élargis et ont été éclairés par la Grâce. Le premier biographe de Vincent a conservé les paroles qui suivent pour parler de sa mystique : nous ne pouvons espérer beaucoup de quelqu’un qui ne converse pas continuellement avec Dieu, si donc quelqu’un ne sert pas le Seigneur comme il ou elle le devrait, c’est parce qu’il ou elle n’est pas suffisamment attachée à Dieu et ne lui a pas demandé sa grâce avec une confiance parfaite[2].

Le mysticisme de Vincent se révèle vraiment dans son insistance continuelle au sujet de la valeur indispensable de la vie spirituelle. Dans une occasion, alors que Vincent tentait d’aider un austère missionnaire tout donné qui était en discernement pour rejoindre les Chartreux, il disait : la vie apostolique n’exclut pas la contemplation, mais elle l’englobe offre de mieux connaitre les vérités éternelle qu’elle doit proclamer (CCD:III:344). Dans une autre occasion, Vincent a dévoilé ses convictions sur le besoin de missionnaires qui cultivent la dimension contemplative de leur vocation. Il exhortait ses disciples à être fidèles à la pratique de la prière : « Donnez-moi un homme d’oraison et il sera capable de tout ; il peut dire avec le saint Apôtre ; « je peux tout faire en celui qui me soutient et e réconforte ». La Congrégation de la Mission ne survivra qu’autant qu’elle sera fidèle à la pratique de la méditation est comme un rempart imprenable, qui protégera les Missionnaires contre tout type d’attaques (CCD:XI:76). Concluant une répétition de prière, Vincent disait avec force lorsqu’il disait : «consacrons nous tous avec dévotion à la pratique de la méditation, par elle, beaucoup de bonnes choses nous surviendront. Si nous persévérons dans notre vocation, c’est grâce à la méditation ; si nous demeurons dans la charité, si nous sommes sauvés, tout cela vient de Dieu et de la méditation. Tout comme Dieu ne refuse rien dans la méditation il n’offre rien sans ka méditation…demandons donc à Dieu humblement de nous aider à adopter cette pratique » (CCD:XI:361). Seulement une mystique authentique peut parler de la place propre de la prière et en parler come d’un exercice qui dispose les personnes à recevoir ces dons de Dieu qui rendront leur vie plus fructueuse et leur ministère apostolique plus parfait. Lorsqu’il parlait aux Filles de la Charité, qui sont appelées à être d’autres Sainte Térésa, notre fondateur leur assurait que la méditation est si excellente que nous ne pouvons jamais méditer trop et que lorsque nous méditons nous expérimentons la présence de Dieu, plus nous méditons, plus nous voudrons méditer (cf. IX:325). Vincent insistait encore davantage : il est impossible pour une Fille de la Charité de vivre sans prier (X:468).

Monsieur Vincent n’avait pas eu une intense vie spirituelle imprégnant sa vie quotidienne et inspirant son incroyable activité, nous n’aurions pas connu cet évangélisateur audacieux et serviteur des pauvres qui a pratiquement changé complètement la face de l’Eglise et de la société de son époque et devenu pour les générations suivantes le saint de la charité et de la mission. Comme H. Brémond, nous n’avons aucune hésitation à affirmer que la sainteté de Vincent s’est traduite en une charité effective et authentique. Nous devrions cependant ajouter que la Charité de Vincent (accepté dans la foi et manifestée dans ses services) devraient être vues comme le trait fondamental de sa sainteté. Si d’une part, ce ne fut pas le pauvre qui a donné Vincent à Dieu, mais Dieu qui a donné Vincent aux pauvres, d’autre part c’était le pauvre (aimé dans le cœur et le ministère de Vincent) qui a ouvert la voie qui a permis à Vincent de rencontrer Dieu dans sa vie et sa vocation et lui a permis de se laisser guider lui-même par les sentiments et les attitudes de Jésus-Christ, se revêtir lui-même de l’Esprit de Jésus-Christ. Comme il le disait dans de multiples occasions lorsqu’il parlait aux confrères : qu’il est important de vous revêtir nous-mêmes de l’Esprit de Jésus-Christ ! c’est le moyen de grandir en sainteté, utiles au service des personnes, comme dans le service du clergé, nous devons travailler à l’imitation de la perfection de Jésus-Christ et se battre pour l’atteindre. Cela veut dire pour nous-même, que nous ne pouvons rien faire en la matière. Nous devons rester animés de l’esprit de Jésus-Christ (XII:93).

Le mysticisme, la sainteté, la charité et la mission vincentienne demandent une certaine mutualité parce que toutes les choses procèdent du cœur du Père, trouver un point de référence dans le Christ et le nourrir avec le pouvoir créatif de l’Esprit. Alors qu’il avisait un jeune missionnaire qui venait d’être nommé supérieur de séminaire, il disait : vous devez vous videz de vous-mêmes pour vous emplir de Jésus-Christ (XI:311). Vincent parlait alors de fidélité à la prière comme d’un moyen indispensable pour se revêtir de l’esprit du Christ : il est une chose ije oeux seulement dire mportante pour vous à laquelle vous devez vous unir profondément au Seigneur dans la méditation ; c’est le réservoir où vous devez trouver les instructions que nous avons besoin pour vivre le ministère que nous avons reçu (XI:311). Vivre et agir en accord avec l’esprit du Christ était le secret de la vie de Vincent c’est ce qui a relativisé son mysticisme. C’est l’expérience que Vincent veut nous communiquer.

  • Un mysticisme vécu et partagé

Le mysticisme de Vincent se découvre dans ses paroles de foi et dans ses activités de miséricorde. Paroles et actes jaillissent de son cœur qui porte des fruits par la Grâce. Dans une occasion, un prêtre de la Mission disait à un autre : je ne peux vous dire quel enthousiasme et quelle abondance d’Esprit de Dieu cela a été dit, et quelle feu et force, je peux seulement dire qui mon cœur était si empli et heureux de cela (XI:107). Afin de comprendre le pouvoir de persuasion des paroles de notre Fondateur, un pouvoir capable d’emplir les cœurs de ses disciples de joie, nous avons un veau témoignage en celui du frère Ducournau, son fidèle secrétaire : même lorsque Vincent parle de choses ordinaires, tout le monde sait qu’il le fait avec une force incroyable ; par son éloquence et la grâce qui l’anime pour traiter des affaires les plus insignifiantes avec une telle dévotion qu’il touche toujours ses auditeurs, imprimant en leurs âmes respect et attention religieuse pour tout ce qui concerne Dieu et l’amour des Règles et pratiques de la maison. C’était la raison pour laquelle chacun était très attentif lorsqu’il parlait, nombre d’entre eux se réjouissaient de l’écouter, et ceux qui étaient absent chercher souvent à savoir ce qu’il avait dit, exprimant leur peine de n’avoir pas été présent…qui est-il pour parler des choses qu’il fait avec un tel discernement, une telle efficacité, et un tel amour, spontané et sans fioritures ?…il est le chef choisi par Dieu pour respirer l’esprit et la vie parmi les membres de la Compagnie (XI:xxix, xxx). Les mots du saint, plus que de n’importe quel avis théorique, est jailli du cœur de son zèle enflammé….ses mots exprimaient une fraie mystique, enflammée par la charité du Christ.

Les paroles de Vincent étaient convainquant et créaient l’enthousiasme chez les autres parce qu’ils naissaient de convictions qu’il avait accepté dans la foi et qu’il mettait en œuvre quotidiennement. Nous avons une illustration de cette passion missionnaire que Vincent à souvent communiqué à ses disciples et à ceux qui lui avaient révélé son ministère. Alors qu’il avait 70 ans, Vincent écrivait à une collaboratrice loyale, qui avait une fonction de direction des confréries de la Charité disait : je vais continuer la mission de Sevran à quatre lieux d’ici, comme je l’ai annoncé. Je doute que je puisse la quitter pour rejoindre la rencontre. Je vous prie de m’excuser auprès de l’Assemblée, Madame. Je pense que j’offenserai Dieu si ne faisait pas tout ce qu’il m’est possible pour les pauvres gens des champs à l’occasion du jubilé » (IV:561). Lorsque les maux et les douleurs du grand âge l’affectaient, Vincent était consterné par l’incapacité de donner des missions dans quelques villes et les villages abandonnés. Il n’y avait rien de plus important ou de plus satisfaisant que de consacrer sa vie, avec les autres prêtres et frères de la Congrégation, pour la tâche de l’évangélisation des pauvres : mais honte à nous si nous nous relâchons de l’obligation que nous avons de sortir pour aider les pauvres âmes ! car nous avons donnés nos vies à Dieu pour cela et Dieu compte sur nous (XI:122). Révélant donc les profondeurs de son zèle apostolique, Vincent concluait en disant : pour moi, malgré mon âge, je ne suis pas relevé de cette obligation devant Dieu je dois travailler au salut des pauvres gens ; qui pourrait m’empêcher de le faire ? si je ne puis prêcher tous les jours, je pourrai le faire deux fois dans la semaine ! si je ne peux donner de longs sermons, je pourrai essayer d’en donner des courts ; si encore une fois les personnes ne me comprennent pas avec ces courts, qui pourrait m’empêcher de parler clairement et simplement à ces bonnes personnes de la même façon dont je vous parle maintenant, en les réunissant autour de loi, comme vous y êtes ? (XI:123). Paroles et actes sont dans une parfaite harmonie….ceci était le fruit d’une mystique profondément enracinée qui ne s’est jamais perdue en pensées abstraites ou réflexions spéculatives, qui n’étaient ni séparées ni n’opposaient une intense contemplation à une action effective…ne jamais séparer ni opposer profondeur spirituelle à activité pratique.

Peu de missionnaires ont su être mystiques à l’image de Vincent de Paul, juste quelques mystiques sont devenus aussi actifs que le prophète de la charité et de la mission. Le concept missionnaire de Vincent était en fait à l’image de son profil spirituel : un Missionnaire —un vrai Missionnaire— un homme de Dieu, un empli de l’Esprit de Dieu (XI:191). En guise de conclusion, nous citons ici, cette merveilleuse prière qui est née du cœur mystique de notre Fondateur qui parlait aux missionnaires : O Mon Dieu ! Donnez-moi la grâce d’avoir votre amour clairement imprimé dans mon cœur, et cela pourra devenir la vie de ma vie et l’âme de les actions, aussi, étant apparemment à l’extérieur, je pourrai aussi entrer et travailler les âmes de ceux que je rencontrerai (XII:215). Nous arrivons donc à une profonde compréhension de la vie de Vincent. La source de son mysticisme a été le perpétuel mouvement de l’amour….un amour qui était gravé dans la profondeur de son cœur, un amour devenu contagieux dans toutes les personnes qui le rencontraient, un amour qui par-dessus tout revêtait la nudité des pauvres et de ceux qui souffraient, un amour qui essuyait les larmes de ceux qui étaient en deuil et voyaient leur peine diminuer, un amour qui redonnait espérance et la certitude aux personnes qu’ils étaient choisis par Dieu pour devenir riche dans la foi et héritiers du royaume qui est promis à ceux qu’il aime (Jn 2,5)

 Traduction: Bernard Massarini, CM

[1] Vincent de Paul, Correspondence, Conference, Documents, translators: Helen Marie Law, DC (Vol. 1), Marie Poole, DC (Vol. 1-13b), James King, CM (Vol. 1-2), Francis Germovnik, CM (Vol. 1-8, 13a-13b [Latin]), Esther Cavanagh, DC (Vol. 2), Ann Mary Dougherty, DC (Vol. 12); Evelyne Franc, DC (Vol. 13a-13b), Thomas Davitt, CM (Vol. 13a-13b [Latin]), Glennon E. Figge, CM (Vol. 13a-13b [Latin]), John G. Nugent, CM (Vol. 13a-13b [Latin]), Andrew Spellman, CM (Vol. 13a-13b [Latin]); edited: Jacqueline Kilar, DC (Vol. 1-2), Marie Poole, DC (Vol. 2-13b), Julia Denton, DC [editor-in-chief] (Vol. 3-10, 13a-13b), Paule Freeburg, DC (Vol. 3), Mirian Hamway, DC (Vol. 3), Elinor Hartman, DC (Vol. 4-10, 13a-13b), Ellen Van Zandt, DC (Vol. 9-13b), Ann Mary Dougherty (Vol. 11-12); annotated: John W. Carven, CM (Vol. 1-13b); New City Press, Brooklyn and Hyde Park, 1985-2009, volume XII, p. 214. Future references to this work will be inserted into the text using the initials [CCD], followed by the volume number, followed by the page number, for example, CCD:XII:214.

[2] Louis Abelly, The Life of the Venerable Servant of God Vincent de Paul: Founder and First Superior General of the Congregation of the Mission, 3 vol., edited by John E. Rybolt, CM, translated by William Quinn, FSC, notes by Edward R. Udovic, CM and John E. Rybolt, CM, introduction by Stafford Poole, CM, New City Press, New Rochelle, New York, 1993, volume III, p. 56.

One Response to Saint Vincent de Paul : mystique de la charité et de la mission

  1. andriamifidisoa alin michel 4 janvier, 2017 a 7:31 #

    Saint Vincent de Paul, un « homme » imprégné de l’Esprit Saint: c’est la « vie de sa vie, l’âme de ses actions ». Merci Seigneur de nous avoir donné Saint Vincent de Paul comme « Témoin de la Vérité et de la Vie