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Bienheureuse Rosalie Rendu la sœur des pauvres de Paris, aimée de tous

Jeanne-Marie Rendu (Sœur Rosalie), fille de Antoine Rendu et Marie-Anne Laracine, est née le 9 Septembre 1786, à Confort, dans le pays de Gex dans le Jura du sud-est en France, près de la frontière suisse. Elle a vécu toute sa vie en Fille de la Charité, dont 53 ans, dans le quartier Mouffetard, le quartier le plus pauvre de Paris.

Le 25 mai 1802, Sœur Rosalie est entrée au Séminaire (noviciat) à la Maison Mère des Filles de la Charité de Saint Vincent de Paul, rue du Vieux-Colombier à Paris. Dans son effort pour se donner pleinement à cette nouvelle vie, sa santé s’est affaiblie, de sorte qu’elle a été envoyée, après sa formation, à la maison des Filles de la Charité du quartier Mouffetard, dans l’espoir que ce placement lui fasse retrouver ses forces.

La soif d’action, de dévouement et de service qui brûlait Sœur Rosalie n’aurait pas pu trouver un meilleur endroit pour être étanchée. Les maladies, les taudis insalubres et le dénuement étaient le lot quotidien des habitants qui luttaient pour survivre. Sœur Rosalie s’épanouissait parmi les personnes qui devinrent rapidement ses « bienaimés pauvres ».

Au début, elle a accompagné les sœurs dans leurs visites aux malades et aux pauvres dans leurs maisons. Elle a également enseigné le catéchisme et la lecture aux petites filles de l’école libre. Sœur Rosalie était heureuse et en 1807, elle a fait ses vœux pour la première fois. Ses qualités de dévouement, d’autorité naturelle, d’humilité, de compassion et ses capacités d’organisation se révèleront bientôt. Ainsi en 1815, elle serait nommée Sœur Servante (supérieure locale) de la maison.

En tant que responsable de sa communauté, Sœur Rosalie a reçu la mission d’accompagner chacune de ses sœurs, de former les jeunes et d’animer la vie communautaire. Elle réalisait cette mission avec le plus grand soin, en communiquant l’amour et la joie du service.

Au fil des années, toujours attentive aux nouvelles pauvretés, elle avait développé les œuvres de la maison: une école, la visite à domicile des malades, la création d’un dispensaire, d’une crèche, d’un accueil de jour pour enfants, trop jeunes pour l’école, un centre de formation pratique et un centre social pour les filles plus âgées. Dans le même temps, elle a invité d’autres personnes à partager la mission de Saint-Vincent.

Sœur Rosalie était une «bonne mère pour tous » sans distinction de religion, d’opinion politique ou de statut social. D’une main, elle recevait des riches, de l’autre elle donnait aux pauvres. Sœur Rosalie a offert aux riches la joie de faire de bonnes œuvres. Souvent on pouvait la voir au parloir de la maison avec ses bien-aimés les “pauvres” ainsi que les évêques, les prêtres, les responsables gouvernementaux, les femmes riches et les étudiants universitaires. Parmi eux se trouvaient Frédéric Ozanam et les premiers membres de la Société Saint Vincent de Paul.

Tendrement et respectueusement Sœur Rosalie et les sœurs de la maison encadraient ces jeunes hommes généreux et les autres étudiants. Elle recommandait la patience, l’indulgence et la courtoisie à leur égard. “Aimez les pauvres, ne les blâmez pas trop … rappelez-vous que les pauvres sont encore plus sensibles à votre comportement qu’à votre aide.” Par-dessus tout, elle a montré le chemin par son exemple:

«Chaque jour, par tous les temps, Sœur Rosalie arpentait les rues et ruelles qui escaladaient jusqu’au Panthéon, le versant sud de la Montagne de Sainte-Geneviève : rue Mouffetard, le passage des Patriarches, rue de l’Épée-de-Bois, rue du Pot de Fer…Son chapelet à la main, son lourd panier au bras, elle pressait le pas car elle savait qu’on l’attendait ! »

Sœur Rosalie parlait à Dieu de cette famille en détresse parce que le père n’avait plus de travail, de cette personne âgée qui risquait de mourir seule dans une mansarde : «Jamais, je ne fais si bien l’oraison que dans la rue », disait-elle.

Sa foi, ferme comme un roc et limpide comme une source, lui révélait Jésus-Christ en toute circonstance. Sa vie de prière était intense, comme l’affirme une sœur, «elle vivait continuellement en la présence de Dieu. Avait-elle une mission difficile à remplir et nous étions toujours assurées de la voir s’en aller à la chapelle ou de la trouver à genoux dans son bureau ».

Avec ses compagnes et son vaste réseau de collaborateurs, elle a inlassablement soigné, nourri, visité, consolé et apaisé les autres! Douée d’une vive sensibilité, elle a eu de l’empathie pour tous ceux qui souffraient. « Il y a quelque chose qui m’étouffe », a-t-elle dit, « et m’ôte l’appétit … la pensée que tant de familles manquent de pain ». Pour le service de ses bien-aimés, les pauvres, elle a osé tout entreprendre avec intelligence et audace. Rien ne l’arrêtait si cela leur permettait de sortir de leur misère.

Sœur Rosalie ne conteste pas l’ordre établi, n’entretient pas la révolte : ce n’est pas sa méthode. Pour lutter contre l’injustice et la pauvreté, elle éveillait la conscience de ceux qui avaient le pouvoir ou de l’argent, elle a travaillé à l’instruction des enfants et des jeunes des familles pauvres et, pour répondre à l’urgence, elle pousse au partage : elle «organise la charité ».

Pendant les années de la Révolution, de 1830 à 1848, Sœur Rosalie et ses sœurs se souciaient du sort des blessés – des émeutiers ou des soldats. Les gens qui étaient en danger ont trouvé refuge dans la maison des sœurs de la rue de l’Épée-de-Bois. Leur maison est devenue un abri et un hôpital de campagne.

Les dernières années de la vie de Sœur Rosalie ont été douloureuses, son état de santé s’est aggravé et sa vue a diminué. Elle n’était plus en mesure de rendre visite aux « pauvres, ses bien-aimés » de manière régulière. Pourtant, sa réputation a continué de croître.

L’empereur, Napoléon III lui a décerné la Croix de la Légion d’honneur, un honneur militaire que seulement quatre femmes ont reçu jusqu’à une époque récente.

Elle a expérimenté dans sa vie de « simple fille de la Charité » la vérité des paroles de Vincent de Paul en 1660, « …C’est certainement un grand secret de la vie spirituelle d’abandonner tout ce que nous aimons à Dieu, en nous abandonnant à tout ce qu’il voudra. Priez pour moi ».

Et ce sera cette simple fille la Charité qui sera honorée lors de ses funérailles, le 9 février 1856. Elle a été suivie par environ 50.000 personnes de toutes les catégories de la société et de toute tendance politique et confession religieuse. Depuis ce jour, des fleurs décorent toujours sa tombe.

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